Le meurtre de Bérégovoy par la ripoublique dite française

« Le 8 avril 1992, Pierre Bérégovoy alors 1er Ministre déclare à l’Assemblée Nationale son intention de lutter contre la corruption (voir son discours plus bas). La réaction de l’Assemblée est révélatrice car tous les députés sont scandalisés par cette décision, ce qui prouve qu’ils ont tous quelque chose à cacher et craignent qu’une telle initiative ne dévoile au grand jour leurs activités malhonnêtes. Dans un pays normalement gouverné, une telle annonce devrait au contraire rassurer nos dirigeants et cette réaction hostile à la transparence nous explique peut-être pourquoi notre pays en est arrivé là et pourquoi Pierre Bérégovoy a été assassiné le 1er mai 1993. La France est encore un pays où l’on tue ceux qui désirent la Justice et la Vérité.« 

Le meurtre de Bérégovoy – Hubert Marty sur MetaTV

« Extrait de l’émission avec Hubert Marty et Christine Deviers Joncourt sur MetaTV. Hubert Marty ancien commissaire aux Renseignements Généraux et Christine Deviers Joncourt, Auteur, se sont retrouvés au cœur des plus gros scandales de la république française. Ils reviennent sur ces affaires comme les frégates de Taïwan, l’affaire Elf ou celle de la mort de Pierre Bérégovoy (ancien premier ministre). Leurs témoignages sont édifiants pour nous faire comprendre la réalité des faits concernant ces événements. Une émission qui nous montre la face cachée des services de renseignements et leurs implications dans les affaires d’état. »

P. Bérégovoy / Discours anti-corruption / 8 avril 1992

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Yves Bertrand et l’enquête Bérégovoy

« Un ancien commissaire des RG affirme que son ex-patron Yves Bertrand l’a chargé d’enquêter sur la mort de Pierre Bérégovoy… et de creuser la piste du meurtre. La rédaction de Bakchich a demandé à Yves Bertrand un droit de réponse : ce dernier dément avoir jamais commandité une telle enquête et soutient que Pierre Bérégovoy s’est suicidé. »

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La Mort étrange de Pierre Bérégovoy, un crime d’Etat ?

par Eric Raynaud – (Source du texte : Agoravox)

La Mort etrange de Pierre Beregovoy - un crime dEtatOpération business ou nouveaux éléments sur la tragique disparition de Pierre Bérégovoy, le journaliste Eric Raynaud développe dans un livre sorti dernièrement (La Mort étrange de Pierre Bérégovoy, un crime d’Etat ?), la thèse d’un suicide maquillé. Il s’appuie sur une photo d’archives de l’Yonne Républicaine qui ferait apparaître deux traces de balle.

Personnage attachant, enfant de la République à l’extraordinaire parcours, Pierre Bérégovoy ancien ouvrier tourneur-fraiseur devenu Premier ministre de François Mitterrand est retrouvé mort le 1er mai 1993 au bord d’un canal à Nevers. La France est sous le choc. Officiellement, il s’est suicidé d’une balle dans la tempe en dérobant l’arme de service de son garde du corps qui était déposée dans la boîte à gants de sa voiture.

La droite a emporté les élections législatives à l’issue d’une campagne féroce pendant laquelle les médias qui lui sont favorables ont multiplié les attaques personnelles mettant en cause l’intégrité d’un Premier ministre né sans fortune et qui pour s’acheter son logement principal, un appartement, a bénéficié d’un prêt sans intérêts d’un riche ami de François Mitterrand. A gauche ce n’est guère mieux, des voix imputent opportunément la défaite électorale au seul Premier ministre. Autant dire que le sentiment de culpabilité est partagé d’autant qu’on décriait Pierre Bérégovoy peu avant sa mort comme très déprimé et affecté des attaques dont il avait été victime.

C’est ce climat particulier oublié, si détestable, qui explique les mots très durs de François Mitterrand aux obsèques de son ancien compagnon d’armes : « Toutes les explications du monde ne justifieront pas que l’on ait pu livrer aux chiens l’honneur d’un homme… » Pour autant, derrière le courroux présidentiel, on n’a pas le sentiment d’une volonté forte de lever les zones d’ombre qui entourent la mort de Pierre Bérégovoy. La version officielle du suicide, trop simple, fait jaser d’autant que cette période est marquée par un réel affairisme (vente de frégates à Taiwan, vente de la raffinerie Elf-Leuna, décentralisation…) On murmure que « Béré » en savait trop, lui, l’intègre devenu gênant avec ses scrupules de pauvre. L’éternelle thèse du complot…

Il faut attendre 2003 pour qu’Eric Raynaud, journaliste en poste dans la Nièvre depuis 1981, la partage. « En mai 2003, à l’occasion du dixième anniversaire de la mort de Béré, j’ai regardé les archives de mon journal. J’ai été intrigué par une photo publiée le 2 mai 93 où l’on voit le député maire allongé sur une civière. On y constate nettement un trou sur le sommet du crâne. Rien à voir avec une balle tirée dans la tempe. Il y aurait eu deux balles. Donc une de trop. » La contre-enquête démarre. Comme d’autres, le journaliste réfute cette dépression qui aurait affecté Pierre Bérégovoy. Même usé par les mois passés à Matignon, « Béré » était un combattant. Et puis, dans la débâcle socialiste, le maire de Nevers a sauvé son siège de député.

Le journaliste reprend donc l’idée du combat d’un homme qui en savait trop, prêt à faire des révélations, qu’il faut « neutraliser ». Eric Raynaud s’appuie sur le discours de politique générale prononcé par l’ancien Premier ministre devant l’Assemblée nationale le 8 avril 1992 : « J’entends vider l’abcès de la corruption (…) J’ai ici une liste de personnalités dont je pourrais éventuellement vous parler », dit-il en brandissant une feuille de papier.

Selon Eric Raynaud, un commissaire des Renseignements généraux, Hubert Marty-Vrayance, aurait lui aussi enquêté sur l’affaire avant d’être contraint de l’enterrer. Pour le policier, Pierre Bérégovoy aurait bien été assassiné : « La balle retrouvée dans le crâne de la victime était de petit calibre, probablement du 6,35, dit-il. Rien à voir avec les dégâts provoqués par le 357 magnum du garde du corps. » Ce nouveau livre rejoint complètement la thèse et les arguments développés dans l’ouvrage de Dominique Labarrière,Cet homme a été assassiné, publié par Denis Tillinac (éditions de La Table Ronde) en 2003, selon lequel Pierre Bérégovoy aurait été assassiné à la suite d’un rendez-vous qui aurait mal tourné.

Le mystère reste entier et notre attachement au souvenir de Pierre Bérégovoy intact.

La Mort étrange de Pierre Bérégovoy, un crime d’Etat ? par Eric Raynaud aux éditions Alphée. 270 pages, 19,90 €.


Aller plus loin :


Ces morts mystérieux de la Ve République

« Outre l’affaire Robert Boulin, la Ve République est jalonnée de morts mystérieuses de politiques, fonctionnaires ou magistrats, donnant lieu à des feuilletons judiciaires parfois interminables.

«On meurt beaucoup et beaucoup trop mystérieusement sous la Ve République. Je n’aime pas ça.» Cette phrase du sénateur de droite Pierre Marcilhacy, dans un texte publié par Le Matin de Paris du 29 octobre 1980, marquera les esprits. Il faut dire que les faits lui donnent raison : outre l’affaire Boulin, qui vient de ressurgir spectaculairement dans l’actualité française, la Ve République est en effet jonchée d’étranges cadavres : le juge Renaud (juillet 1975), Jean de Broglie (décembre 1976), Joseph Fontanet (février 1980)… Jusqu’à l’étrange suicide de René Lucet en 1982, ainsi que celui du «dernier mort de Mitterrand», François de Grossouvre, en 1994. »

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